0

Votre panier



TOTAL HT
TOTAL TTC

lundi 17 août 2026

Robotique 2026 : l’Europe peut-elle encore rester dans la course face à la Chine ?

DEPLOYER
Robotique 2026 : l’Europe peut-elle encore rester dans la course face à la Chine ?

La robotique mondiale est entrée dans une nouvelle phase. Longtemps cantonnés aux chaînes automobiles et aux environnements industriels fortement automatisés, les robots gagnent désormais la logistique, la santé, le nettoyage, l’agriculture et les services. Une autre révolution se prépare en parallèle : celle des robots capables de percevoir leur environnement, d’apprendre et d'agir grâce à l’intelligence artificielle. 

Mais derrière cette accélération technologique se dessine un déséquilibre géographique majeur : l’Asie, et particulièrement la Chine, prend une avance considérable sur l’Europe.

Pour Robot Magazine, qui suit quotidiennement l’évolution de la robotique industrielle et de service, 2026 pourrait ainsi constituer une année charnière pour l’industrie européenne.


Plus de 500 000 robots industriels installés chaque année 


Les derniers chiffres de l’International Federation of Robotics (IFR) donnent la mesure du phénomène.

En 2024, 542 000 nouveaux robots industriels ont été installés dans le monde, soit plus du double du niveau observé dix ans auparavant. Le parc mondial atteint désormais environ 4,66 millions de robots industriels en fonctionnement. 

Mais la répartition de ces investissements est particulièrement révélatrice : 74 % des nouvelles installations ont été réalisées en Asie, contre seulement 16 % en Europe et 9 % dans les Amériques. 

Le centre de gravité mondial de la robotique industrielle s’est clairement déplacé vers l’Asie.


La Chine représente désormais 54 % du marché mondial 


À elle seule, la Chine a installé environ 295 000 robots industriels en 2024, en hausse de 7 %, représentant 54 % des installations mondiales. 

Plus impressionnant encore, le pays compte désormais plus de 2 millions de robots industriels en activité. Pour la première fois, les constructeurs chinois ont également vendu davantage de robots sur leur marché domestique que leurs concurrents étrangers. Leur part du marché chinois a atteint 57 %, contre environ 28 % en moyenne au cours de la décennie précédente. 

Cette évolution dépasse donc la simple question du coût de production.

La Chine développe simultanément ses capacités de fabrication, son marché intérieur, sa chaîne d’approvisionnement et ses propres constructeurs. Elle dispose ainsi d’un gigantesque terrain d’expérimentation permettant aux industriels de produire, tester et améliorer rapidement leurs technologies.

Cette capacité à passer rapidement du prototype à la production de masse pourrait devenir l’un des principaux avantages compétitifs dans la prochaine génération de robots.


L’Europe conserve une industrie forte, mais ralentit. 


Face à cette accélération, les chiffres européens interpellent. 

En 2024, environ 85 000 robots industriels ont été installés en Europe, en baisse de 8 %. L’Union européenne en représentait 67 800. L’Allemagne reste de très loin le premier marché européen avec près de 27 000 installations.

La situation française est plus préoccupante. 

Avec environ 4 900 robots installés en 2024, soit une baisse de 24 %, la France est passée derrière l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne parmi les principaux marchés européens.

Ces données doivent néanmoins être interprétées avec prudence : une année de baisse ne signifie pas que l’Europe sort de la course. L’IFR souligne d’ailleurs que 2024 constitue malgré tout la deuxième meilleure année jamais enregistrée en Europe en nombre d’installations.

L’Europe dispose toujours de champions industriels, d’un tissu important d’intégrateurs, d’excellentes compétences en ingénierie et de savoir-faire reconnus dans l’automatisation avancée.

Mais la question devient celle de la vitesse. 


Après l’automatisation, l’ère de la « Physical AI » 


Car la prochaine bataille ne concernera probablement plus uniquement les robots industriels traditionnels. 

Intelligence artificielle générative, vision artificielle, nouveaux capteurs et modèles d’apprentissage commencent à converger avec la robotique. 

L’IA quitte progressivement l’écran pour agir dans le monde physique.

AMR autonomes dans les entrepôts, cobots capables de s’adapter davantage à leur environnement, robots de service et, demain, humanoïdes polyvalents : les frontières historiques entre logiciel, intelligence artificielle et robotique deviennent de plus en plus poreuses.

C’est ce que Robot Magazine considère comme l’un des changements majeurs à suivre dans les prochaines années : le robot n’est plus uniquement une machine programmée pour répéter une tâche, mais devient progressivement une plateforme physique pilotée par le logiciel et l’IA.


La robotique sort des usines. 


Cette transformation est déjà visible dans la robotique de service.

Près de 200 000 robots de service professionnels ont été vendus dans le monde en 2024, en progression de 9 %. La logistique et le transport représentent à eux seuls 102 900 unités.

Autre signal particulièrement intéressant pour les industriels : les flottes exploitées selon un modèle Robot-as-a-Service (RaaS) ont progressé de 31 %.

Cette évolution pourrait profondément modifier l’adoption de la robotique. Au lieu d’investir immédiatement dans une machine, les entreprises peuvent progressivement accéder à des robots sous forme de location ou d’abonnement.

Le robot commence ainsi à évoluer d’un investissement industriel lourd vers un service
opérationnel.


L’Europe doit maintenant transformer ses innovations en marché


La compétition mondiale ne se jouera donc pas uniquement à celui qui inventera le meilleur robot.

Elle se jouera sur la capacité à industrialiser, produire à grande échelle, intégrer l’IA et démontrer rapidement un retour sur investissement.

L’Europe dispose encore de nombreux atouts. Mais face à une Chine qui concentre désormais plus de la moitié des installations mondiales, le temps devient une variable stratégique.

C’est précisément l’intérêt d’événements comme INNOROBO by SIDO : réunir fabricants, intégrateurs, startups, chercheurs et décideurs industriels afin de confronter les innovations technologiques aux réalités du terrain.

Pour Robot Magazine, la question n’est donc plus de savoir si les robots vont occuper une place croissante dans l’économie.

La vraie question pour 2026 est désormais : où seront conçus, produits et déployés les robots qui transformeront l’industrie de la prochaine décennie ?